
LES CONSEILS POUR INVESTIR
SOMMAIRE
Vous commencez à regarder les annonces, à comparer les villes, à calculer votre capacité d'emprunt. L'idée d'investir dans l'immobilier prend forme. Et très vite, une question s'impose : faut-il opter pour le dispositif Jeanbrun ou pour le statut LMNP ? L'un ouvre la voie à une déduction fiscale inédite en location vide. L'autre reste la référence pour la location meublée. Les deux réduisent la pression fiscale sur vos recettes locatives. Mais ils ne s'adressent pas aux mêmes profils, ne fonctionnent pas avec les mêmes règles, et n'offrent pas le même potentiel de rentabilité.
C'est précisément à ce stade de réflexion que le choix du dispositif conditionne tout le montage. Le type de bien, le mode de bail, le régime fiscal, la stratégie de sortie : chaque paramètre découle de cette première décision.
Chez Kaufman & Broad, nous accompagnons chaque année des milliers d'investisseurs dans cette réflexion. Cet article vous donne toutes les clés pour comparer le dispositif Jeanbrun et le LMNP, critère par critère, et construire le projet qui correspond à votre situation.
Ce qu'il faut retenir :
Le Jeanbrun concerne la location nue, le LMNP la location meublée. Les deux dispositifs coexistent et sont complémentaires, mais ne s'appliquent jamais au même bien.
La déduction Jeanbrun est encadrée (8 000 à 12 000 euros/an) mais génère un déficit foncier imputable sur le revenu global. Le LMNP offre un amortissement sans limite légale spécifique, mais cantonné aux BIC.
La réforme Le Meur change la donne à la revente en LMNP : les déductions passées sont réintégrées dans la plus-value, sauf pour les résidences services. Pour le Jeanbrun, le même mécanisme s’applique selon l’interprétation majoritaire, même si une incertitude persiste en attendant la version officielle.
Le LMNP offre plus de souplesse (pas de plafonds de loyers, pas d'engagement de durée, tous types de biens). Le Jeanbrun offre un cadre plus strict mais un gain fiscal direct pour les foyers fortement imposés.
Le choix dépend de votre TMI, de votre horizon d'investissement et du type de bien. Un conseiller en gestion de patrimoine ou un expert-comptable peut vous aider à trancher.
Le mot des experts : depuis la réforme Le Meur, les amortissements déduits en LMNP sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente. Ce changement impacte directement la rentabilité de sortie. Les résidences services (étudiantes, seniors) restent toutefois exonérées de cette réintégration.
Le Jeanbrun est réservé aux logements situés dans des bâtiments d'habitation collectifs. Les maisons individuelles sont exclues. Le bien doit être :
Neuf, acquis en VEFA (vente en état futur d'achèvement), ou
Ancien, avec des travaux représentant au moins 30 % du prix d'acquisition
L'achat doit avoir lieu entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Le logement doit être mis en location nue, en résidence principale du locataire, qui ne peut pas être un membre de la famille du propriétaire (jusqu'au 2e degré). Les résidences services (étudiantes, seniors, tourisme) ne sont pas éligibles.
Pour les investisseurs qui se projettent dans le neuf, c'est un atout : les programmes collectifs récents répondent nativement aux critères du Jeanbrun (normes RE2020, habitat collectif, livraison en VEFA).
Le LMNP offre un périmètre bien plus large. Tous les types de logements meublés sont concernés :
Appartements, maisons individuelles
Résidences étudiantes, seniors, de tourisme
Logements exploités en direct ou via un gestionnaire
Aucune restriction de date d'achat ne s'applique. Le LMNP n'impose pas non plus de plafonds de loyers ni de conditions de ressources pour le locataire. La seule condition : le logement doit être meublé selon les critères du décret du 31 juillet 2015.
Tableau comparatif : caractéristiques générales Jeanbrun vs LMNP
Les recettes locatives sous Jeanbrun sont déclarées en tant que revenus fonciers. Le propriétaire peut choisir entre deux régimes :
Le micro-foncier, avec un abattement de 30 % (réservé aux revenus fonciers bruts inférieurs à 15 000 euros par an)
Le régime réel, qui permet de déduire les charges réelles et de pratiquer la dépréciation comptable du bien
C'est au régime réel que le Jeanbrun prend tout son intérêt. La dépréciation, combinée aux charges déductibles (intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurance, frais de gestion), peut générer un déficit foncier imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700 euros par an. Au-delà, le déficit est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Pour un investisseur avec une tranche marginale d'imposition (TMI) à 30 %, un déficit foncier de 10 700 euros représente une économie d'impôt directe de 3 210 euros, auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux évités.
En LMNP, les recettes locatives relèvent de la catégorie des BIC. Le régime réel permet de déduire l'ensemble des charges et d'amortir le bien. La puissance du LMNP réside dans sa capacité à effacer le résultat fiscal des loyers grâce à l'amortissement.
Cependant, la mécanique est différente de celle du Jeanbrun : l'amortissement LMNP ne peut pas créer de déficit imputable sur votre base imposable. Il sert uniquement à neutraliser les loyers imposables. L'excédent est reporté sur les exercices suivants, sans limite de temps.
Vous vous demandez peut-être si ce cantonnement réduit l'intérêt du LMNP. En réalité, pour beaucoup d'investisseurs, la neutralisation totale de l'impôt sur les loyers pendant 15 à 20 ans est plus avantageuse qu'un déficit imputable, limité à 10 700 euros par an.
Le Jeanbrun présente un avantage unique : la possibilité d'imputer le déficit foncier sur le revenu global. Cette mécanique procure une économie d'impôt directe et proportionnelle à la TMI. Plus votre tranche est élevée, plus le gain est significatif.
Pour un bien neuf à 250 000 euros, avec un loyer intermédiaire :
Le cadre du Jeanbrun est précis. Le propriétaire doit respecter plusieurs engagements cumulatifs :
Durée de mise en bail : 9 ans minimum, en continu. Le bien doit être occupé dans les 12 mois suivant l'achèvement des travaux ou de la livraison.
Barèmes de loyer : les montants sont alignés sur les plafonds du Logement Locatif Intermédiaire (LLI), définis par zone géographique et par mètre carré. En zone A bis par exemple, le loyer intermédiaire est plafonné autour de 14 euros/m².
Seuils de ressources : le locataire doit respecter des conditions de revenus, similaires à celles de l'ancien Pinel.
Locataire : la mise en bail au profit d'un membre du foyer fiscal ou d'un parent proche (jusqu'au 2e degré) est interdite.
En cas de non-respect de l'un de ces engagements, l'avantage fiscal peut être remis en cause et les déductions passées réintégrées dans le revenu foncier.
Le LMNP offre une souplesse nettement supérieure. Le cadre repose sur le bail meublé (loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 pour les résidences principales, bail commercial pour les résidences services, détails sur service-public.fr) :
Pas de plafonds de loyers imposés par le dispositif (seul l'encadrement local peut s'appliquer, en zone tendue)
Pas de seuils de ressources pour le locataire
Exploitation possible au profit d'un membre de la famille
Aucun engagement légal de durée (hors bail commercial en résidences services)
Le bien peut être une maison, un appartement, une résidence services
Le statut LMNP est conservé tant que les recettes locatives meublées restent inférieures à 23 000 euros par an et ne dépassent pas les autres revenus d'activité du foyer (article 155, IV du CGI). Au-delà, le propriétaire bascule en LMP (Loueur Meublé Professionnel), avec des implications fiscales et sociales différentes.
La dépréciation comptable joue un rôle central dans la rentabilité nette de votre investissement. Mais son impact sur le cashflow diffère entre Jeanbrun et LMNP.
En LMNP, l'amortissement neutralise la fiscalité des loyers perçus. Sur un bien de 250 000 euros générant 10 000 euros de loyers annuels, la dépréciation du bâti et du mobilier peut couvrir la totalité de ces montants.
En Jeanbrun, la déduction est encadrée (8 000 à 12 000 euros par an). Mais le déficit foncier qu'elle génère est imputable sur l'ensemble de vos revenus, ce qui produit une économie d'impôt supplémentaire.
Le choix dépend donc de votre priorité : neutraliser l'impôt sur les revenus locatifs (LMNP) ou réduire votre imposition globale (Jeanbrun).
Vous projetez de revendre dans 10 ou 15 ans ? Ce critère change la donne.
Depuis la réforme issue de la loi de finances pour 2025 (article 84, modifiant l’article 150 VB III du CGI), les amortissements pratiqués en LMNP au régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable. Cela signifie que la base d’acquisition est minorée des amortissements déduits, augmentant mécaniquement la plus-value taxable. Les résidences services (étudiantes, seniors) bénéficient toutefois d’une exonération de cette réintégration dans la plupart des cas.
Pour le dispositif Jeanbrun, la situation est plus nuancée. La loi de finances pour 2026 a coordonné le régime avec l’article 150 VB III du CGI pour les amortissements admis en déduction au titre des i et j de l’article 31 du CGI. La majorité des analyses juridiques et fiscales considère aujourd’hui que les dépréciations comptables pratiquées sont réintégrées dans le calcul de la plus-value, comme en LMNP. Cependant, en l’absence de doctrine administrative (BOFiP) pleinement stabilisée sur ce point spécifique au nouveau dispositif, certains experts maintiennent une lecture plus favorable (calcul sur le prix d’acquisition initial).
Le mot des experts : la doctrine fiscale officielle (BOFiP, bulletin officiel des finances publiques, accessible sur bofip.impots.gouv.fr) spécifique au Jeanbrun n'est pas encore publiée (attendue au second semestre 2026). Par prudence, nous recommandons d'intégrer un scénario de réintégration dans vos projections de revente.
La nature même des revenus perçus diffère entre les deux dispositifs :
Vous hésitez encore ? Posez-vous trois questions simples.
Vous cherchez à réduire votre impôt sur le revenu rapidement ? Le dispositif Jeanbrun est conçu pour ça. Le déficit foncier imputable génère une économie d'impôt directe, dès la première année de location. Ce levier est d'autant plus puissant que votre TMI est élevée.
Vous préférez maximiser le cashflow et constituer des revenus complémentaires faiblement taxés ? Le LMNP au régime réel est probablement plus adapté. La neutralisation fiscale permet de dégager un revenu net supérieur, surtout sur le long terme.
Vous préparez votre retraite avec un horizon de 20 ans ou plus ? Les deux dispositifs fonctionnent, mais le Jeanbrun offre un cadre plus encadré et plus prévisible. Le LMNP demande davantage de gestion active (ameublement, rotation des locataires, comptabilité BIC).
Le type de bien oriente souvent le choix :
Vous envisagez un appartement neuf en résidence collective ? Les deux options sont ouvertes. Kaufman & Broad propose des programmes neufs éligibles au dispositif Jeanbrun, avec des logements pensés pour la location longue durée. Les garanties constructeur (décennale, biennale, parfait achèvement) sécurisent votre investissement dès le départ.
Vous visez une maison individuelle ? Seul le LMNP est possible, le Jeanbrun exclut les maisons.
Vous investissez en résidence services (étudiante, senior) ? Le LMNP est le seul cadre applicable. Et c'est aussi le seul qui bénéficie de l'exemption de réintégration des déductions à la revente.
La gestion au quotidien diffère sensiblement entre les deux statuts.
En location nue (Jeanbrun), la gestion est plus simple : pas de mobilier à entretenir ou remplacer, pas d'inventaire à réaliser, rotation des locataires moins fréquente (les occupants en résidence principale restent en moyenne 3 à 5 ans). Le bail est de 3 ans minimum (6 ans si le bailleur est une personne morale).
En location meublée (LMNP), la gestion est plus intensive : achat et renouvellement du mobilier, état des lieux détaillé, bail de 1 an (9 mois pour un étudiant), rotation potentiellement plus élevée. La comptabilité au régime réel nécessite souvent l'accompagnement d'un expert-comptable (coût annuel de 300 à 600 euros, déductible des revenus BIC).
Dispositif Jeanbrun |
LMNP |
Type de bail | Location nue (non meublée) | Location meublée |
Type de revenus | Revenus fonciers | BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) |
Biens éligibles | Logement collectif, neuf ou ancien rénové | Tout type de logement meublé |
Maisons individuelles | Exclues | Éligibles |
Résidences services | Exclues | Éligibles |
Zonage géographique | Aucun (toute la France) | Aucun |
Encadrement des loyers | Oui (barèmes intermédiaire, social, très social) | Non (loyer libre, sauf encadrement local) |
Conditions de ressources du locataire | Oui | Non |
Engagement de durée | 9 ans minimum | Aucun engagement légal |
Fenêtre d'acquisition | 21/02/2026 au 31/12/2028 | Aucune limite dans le temps |
Base déductible : 250 000 x 80 % = 200 000 euros
Déduction annuelle : 200 000 x 3,5 % = 7 000 euros
Ce montant vient s'ajouter aux charges pour constituer le déficit foncier.
Le LMNP au régime réel permet un amortissement sans limite annuelle fixe (hormis les règles comptables standard). Sur un bien de 250 000 euros, la dépréciation du bâti sur 25 ans représente environ 8 000 à 10 000 euros par an, auxquels s'ajoute celle du mobilier (1 500 à 3 000 euros par an sur 5 à 7 ans).
L'avantage : les recettes locatives sont souvent intégralement défiscalisées pendant toute la durée du mécanisme. Le stock de déductions non utilisées est reportable indéfiniment.
Régime simplifié | Jeanbrun (micro-foncier) | LMNP (micro-BIC) |
Seuil de revenus | 15 000 euros bruts/an | 77 700 euros (meublé classique) |
Abattement forfaitaire | 30 % | 50 % (classique) / 71 % (tourisme classé) / 30 % (tourisme non classé) |
Déduction par dépréciation | Non (régime réel uniquement) | Non (régime réel uniquement) |
Tableau comparatif : fiscalité Jeanbrun vs LMNP au régime réel
Critère fiscal | Dispositif Jeanbrun | LMNP (régime réel) |
Catégorie de revenus | Revenus fonciers | BIC |
Dépréciation du bâti | Oui, sur 80 % de la valeur (taux de 3,5 % à 5,5 %) | Oui, sur la valeur hors terrain (durée 25 à 30 ans) |
Dépréciation du mobilier | Non applicable (bail nu) | Oui (5 à 7 ans) |
Limite annuelle de déduction | 8 000 à 12 000 euros selon le loyer | Pas de limite légale spécifique |
Déficit imputable sur le revenu global | Oui, jusqu'à 10 700 euros/an | Non (cantonné aux BIC du meublé) |
Report du déficit/amortissement | 10 ans (déficit foncier) | Illimité (amortissement) |
Prélèvements sociaux | 17,2 % sur les revenus fonciers nets | 17,2 % sur le bénéfice BIC |
CFE (cotisation foncière des entreprises) | Non | Oui |
Réintégration des déductions à la revente | Probable, en attente de confirmation | Oui, depuis la réforme Le Meur 2025 (sauf résidences services) |
En Jeanbrun, les recettes sont des revenus fonciers. Elles s'ajoutent à vos autres revenus (salaires, pensions) et sont soumises à votre TMI + 17,2 % de prélèvements sociaux. La dépréciation et les charges viennent réduire cette base, voire créer un déficit.
En LMNP, les recettes sont des BIC. Elles sont traitées séparément et peuvent être ramenées à zéro grâce à l'amortissement. Mais le LMNP implique la cotisation foncière des entreprises (CFE), un coût de quelques centaines d'euros par an selon la commune.
La rentabilité brute est souvent plus élevée en LMNP : les loyers du meublé dépassent de 10 à 20 % ceux du bail nu pour un bien comparable. Le Jeanbrun impose en plus des barèmes encadrés, ce qui peut réduire le rendement de 15 à 40 % par rapport au marché libre, selon la zone et le niveau retenu.
En revanche, le Jeanbrun peut se révéler plus performant en rentabilité nette après impôt pour les foyers fortement imposés (TMI à 41 % ou 45 %), grâce à l'imputation du déficit foncier sur la base imposable globale. Le gain fiscal direct compense en partie l'écart de rendement.
Pour les foyers avec une TMI à 11 % ou 30 %, le LMNP conserve généralement un avantage global, à condition de bien maîtriser la gestion du bien et la comptabilité au régime réel.
Bon à savoir : les programmes neufs Kaufman & Broad sont livrés conformes aux dernières normes environnementales (RE2020). Cette conformité est un prérequis pour le dispositif Jeanbrun et un atout pour attirer des locataires sensibles à la performance énergétique de leur logement. Pour un investisseur qui démarre, le neuf supprime aussi le risque de travaux imprévus sur les premières années.

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