
LES CONSEILS POUR INVESTIR
En location nue, vos loyers relèvent des revenus fonciers : micro-foncier ou régime réel, avec la possibilité d'opter pour le dispositif Jeanbrun sous conditions. En location meublée, ils relèvent des BIC : micro-BIC ou régime réel du LMNP, qui permet d'amortir le bien. Le choix dépend de votre tranche d'imposition, mais aussi du loyer réaliste sur le secteur, de votre financement, de vos charges et de votre horizon de revente. Une simulation personnalisée reste indispensable.
À prix et loyer comparables, deux investisseurs peuvent payer des impôts très différents sur le même appartement neuf : l'un le loue nu, l'autre meublé.
Le choix entre location nue et meublée détermine le régime d'imposition, les déductions autorisées et le rendement net après impôts. Votre tranche marginale d'imposition (TMI) pèse lourd, sans être le seul critère : montant des loyers, financement, charges, durée de détention et stratégie de revente comptent aussi. Chez Kaufman & Broad, nos conseillers accompagnent les acquéreurs investisseurs dans cette analyse. Voici les repères pour comparer.
En location nue, vos loyers entrent dans la catégorie des revenus fonciers (article 14 du Code général des impôts). Deux régimes d'imposition coexistent, selon le montant de ces revenus.
Il s'applique automatiquement lorsque les revenus fonciers annuels du foyer fiscal ne dépassent pas 15 000 euros. Un abattement forfaitaire de 30 % s'applique sur les loyers bruts, et le solde s'ajoute au revenu imposable. Aucune comptabilité ni justificatif de charges n'est demandé. En contrepartie, vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles, même lorsqu'elles dépassent l'abattement.
Au-delà de ce seuil, ou sur option qui vous engage pour trois ans, le régime réel permet de déduire les charges effectives : intérêts d'emprunt, frais de gestion, taxe foncière, charges de copropriété non récupérables, assurance propriétaire non occupant, travaux d'entretien. Si les charges dépassent les revenus, le déficit foncier s'impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an, le solde se reportant sur les revenus fonciers des dix années suivantes (article 156 du CGI).
Le dispositif Jeanbrun, créé par la loi de finances pour 2026, vise certains investissements réalisés dans des logements destinés à la location nue. Il s’inscrit dans le nouveau cadre du statut du bailleur privé et prend le relais du dispositif Pinel, qui ne peut plus être utilisé pour les nouvelles acquisitions.
Son application est soumise à plusieurs conditions, qui concernent notamment :
la date d’acquisition ou d’achèvement du logement ;
la nature et la localisation du bien ;
la mise en location nue à titre de résidence principale ;
Code général des impôts, articles 14, 28 à 32, 31, 39 C, 50-0, 150 VB et 156
Loi de finances n° 2026-103 du 19 février 2026 : article 4 (barème de l'impôt) et article 47 (statut du bailleur privé)
Service-public.fr, barème de l'impôt sur le revenu 2026 : service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18045
BOFiP, actualisation des seuils des régimes micro : bofip.impots.gouv.fr
Impots.gouv.fr, déclaration des loyers d'un logement loué vide : impots.gouv.fr
Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 12 (CSG sur les revenus du patrimoine)
Impots.gouv.fr, prélèvements sociaux sur les revenus locatifs (page modifiée le 17 juillet 2026) : impots.gouv.fr
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, articles 10 et 25-7 (durée des baux)
Décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 (liste des éléments de mobilier)
la durée de l’engagement locatif ;
le niveau de loyer pratiqué ;
les ressources du locataire.
Le dispositif concerne certains logements collectifs et exclut notamment plusieurs catégories de biens. L’éligibilité doit donc être vérifiée programme par programme.
Sous conditions, le mécanisme permet de tenir compte d’un amortissement fiscal calculé selon les modalités prévues par la loi. Les taux, plafonds et règles d’imputation dépendent du niveau de loyer retenu et du type de convention applicable. La doctrine administrative doit préciser certains aspects pratiques, notamment le traitement à la revente.
BON À SAVOIR
Le dispositif Jeanbrun peut améliorer la fiscalité d’un investissement en location nue, mais il impose généralement un cadre locatif plus contraignant : durée d’engagement, plafonds de loyers et conditions de ressources. Il faut donc comparer l’économie d’impôt avec le loyer réellement accessible sur le secteur.
En location meublée, vos loyers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non plus des revenus fonciers. Cette distinction ouvre l'accès à des mécanismes de déduction propres au meublé.
Pour la location meublée de longue durée, le régime micro-BIC s’applique lorsque les recettes ne dépassent pas le seuil légal en vigueur. Pour les revenus encaissés en 2026, le plafond général est fixé à 83 600 €, avec un abattement forfaitaire de 50% selon les règles fiscales applicables.
L’abattement est censé couvrir les charges. Vous ne pouvez donc pas déduire séparément vos intérêts d’emprunt, frais de gestion, travaux ou amortissements.
Les locations de courte durée et les meublés de tourisme obéissent à des règles distinctes. Les seuils et abattements varient notamment selon que le meublé est classé ou non classé. Il est important de ne pas appliquer automatiquement le régime de la location meublée longue durée à un logement destiné à la location touristique.
Il permet de déduire les charges réelles et, surtout, d'amortir le bien hors terrain et le mobilier. L'amortissement correspond chaque année à une fraction de la valeur amortissable, répartie sur la durée d'utilisation estimée de chaque composant : plusieurs décennies pour le gros œuvre, quelques années pour le mobilier.
Le montant amortissable dépend de la valeur du terrain, de la ventilation comptable du bien, des composants de la construction et du mobilier : il ne se déduit donc pas du seul prix d'achat. Cumulé aux autres charges, l'amortissement peut ramener le résultat fiscal à zéro pendant de nombreuses années. Les déficits de LMNP ne s'imputent pas sur le revenu global : ils se reportent sur les bénéfices de location meublée des dix années suivantes. Les amortissements non déduits, eux, se reportent sans limite de durée. Notre guide du statut LMNP détaille ces mécanismes.
BON À SAVOIR
Pour un loueur en meublé non professionnel, les prélèvements sociaux sur les revenus de location meublée passent à 18,6 % en 2026, alors que les revenus fonciers restent soumis au taux de 17,2 %, comme l'indique la page de l'administration fiscale consacrée aux prélèvements sociaux sur les revenus locatifs.
Le cas particulier du LMNP géré en résidence services
Une variante du meublé mérite l'attention : l'achat d'un logement dans une résidence étudiante, senior ou médicalisée, confié à un exploitant professionnel. Le propriétaire signe un bail commercial, conclu en général pour neuf ans au minimum, qui prévoit le versement des loyers par le gestionnaire selon les termes du contrat, y compris en l'absence d'occupant. La gestion locative, administrative et technique revient à l'exploitant.
Deux particularités fiscales distinguent cette formule. La TVA à 20 % sur le prix d'achat peut être récupérée, sous conditions et moyennant un engagement de location de vingt ans ou une cession à un repreneur éligible. Et les résidences services échappent à la réintégration des amortissements dans la plus-value. Découvrez nos biens éligibles au LMNP géré en résidence services.
Votre TMI oriente le choix, mais ne le tranche pas à elle seule. Les repères ci-dessous restent à confirmer par une simulation qui intègre vos loyers, votre financement, la part du terrain, vos charges et votre horizon de revente. Les tranches s'entendent par part de quotient familial, selon le barème 2026 applicable aux revenus de 2025.
À ce niveau d’imposition, le gain fiscal reste modéré quelle que soit l'option. Micro-foncier et micro-BIC sont tous deux accessibles et simples, le micro-BIC procurant un abattement plus élevé. Le LMNP au réel demande une gestion comptable plus lourde pour un gain limité, et le Jeanbrun présente peu d'intérêt à ce niveau d'imposition.
Piste à étudier : le micro-BIC pourrait convenir si vous visez la simplicité et un loyer supérieur ; la location nue au micro-foncier, si vous privilégiez une gestion locative plus légère.
À 30 %, l'imposition des loyers devient sensible. Le régime réel en location nue, avec le Jeanbrun, gagne en intérêt, surtout lorsque les intérêts d'emprunt restent élevés en début de prêt. Le LMNP au réel peut ramener l'imposition des loyers à zéro sur les premières années.
Piste à étudier : le LMNP au réel pour un bien destiné au meublé et un objectif de revenus peu imposés ; la location nue au réel avec le Jeanbrun pour un objectif de réduction d'impôt sur la durée de l'engagement.
À ces niveaux, chaque euro de revenu foncier imposable supporte votre TMI et les prélèvements sociaux. Le Jeanbrun prend de l'intérêt grâce au déficit imputable sur le revenu global. Le LMNP au réel peut, lui, se révéler intéressant lorsque le loyer meublé est suffisamment supérieur au loyer nu et que les charges, l'amortissement et les frais de gestion justifient la complexité supplémentaire.
Piste à étudier : comparez les deux options par une simulation. Notre comparatif dispositif Jeanbrun ou LMNP : quel statut choisir détaille ce choix critère par critère.
Le tableau ci-dessous résume les principales différences entre les deux options.
Critère | Location nue | Location meublée |
Catégorie fiscale | Revenus fonciers | BIC |
Régime simplifié | Micro-foncier avec abattement de 30% | Micro-BIC avec abattement de 50% pour la location meublée longue durée, selon le seuil applicable |
Régime réel | Déduction des charges réelles et déficit foncier sous conditions | Déduction des charges et amortissement sous conditions |
Amortissement du bien | Possible dans le cadre du dispositif Jeanbrun, si le bien est éligible | Oui, au régime réel LMNP |
Déficit imputable sur le revenu global | Oui, dans la limite de droit commun | Possible au régime réel LMNP, hors valeur du terrain |
Niveau de loyer | Loyer de marché, avec plafonnement éventuel en Jeanbrun | Loyer potentiellement supérieur, mais mobilier et gestion supplémentaires |
Durée de bail minimale | 3 ans (bailleur personne physique) | 1 an (9 mois pour un étudiant) |
Prélèvements sociaux | Taux de droit commun, maintenu en 2026 | 18,6% pour les revenus meublés concernés par les prélèvements sociaux en 2026 |
Revente | Règles de la plus-value immobilière des particuliers | Réintégration possible des amortissements déduits, selon les règles applicables. |
Dans le neuf, plusieurs éléments pèsent sur la comparaison, quel que soit le mode de location.
Les frais de notaire réduits bénéficient aux deux options. Les frais d'acquisition sont généralement moins élevés dans le neuf que dans l'ancien, avec un écart de plusieurs points de pourcentage selon l'opération.
L'exonération temporaire de taxe foncière s'applique en location nue comme en meublée, sous réserve d'une déclaration dans les délais.
L'absence de travaux à court terme supprime un poste de dépense qui pèse souvent sur le rendement des premières années dans l'ancien. L'arbitrage entre nu et meublé se joue alors surtout sur le loyer et la fiscalité.
La conformité à la RE2020 contribue à la performance énergétique et au confort du logement. Elle peut constituer un argument d'attractivité.
LE MOT DES EXPERTS
Le choix entre nu et meublé ne suit pas de règle universelle. Il dépend de votre TMI, de votre horizon de détention et du locataire que vous visez. Un investisseur qui cible la location étudiante dans une ville universitaire aura souvent intérêt à étudier le LMNP au réel. Celui qui préfère un locataire stable et s'engage sur la durée pourra trouver dans le Jeanbrun une fiscalité allégée avec moins de gestion.
Kaufman & Broad commercialise des programmes neufs adaptés aux deux stratégies : logements destinés à la location nue, éligibles au Jeanbrun selon les programmes, et logements adaptés au meublé. Nos conseillers étudient votre situation fiscale pour identifier la piste la plus cohérente avant l'achat.
Pour concrétiser et sécuriser votre projet, profitez des services de gestion locative de nos partenaires privilégiés, Foncia et Citya Immobilier. Acteurs majeurs et reconnus, leurs réseaux d'agences locales vous assurent un accompagnement sur-mesure, de la mise en location à la gestion quotidienne de votre bien.